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Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997)

Last modified: 16 mars 2010
Olivier Lanotte

février 2010

Citer cet article

Olivier Lanotte, Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997), Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 24 février 2010, consulté le 1er novembre 2014, URL : http://www.massviolence.org/fr/Chronologie-de-la-Republique-democratique-du-Congo-Zaire, ISSN 1961-9898

15 octobre ; Le bombardement de la ville de Boende aux mains des rebelles mulelistes par les T-28 fait une vingtaine de morts et de nombreux blessés parmi la population civile. Ces bombardements incitent les dirigeants de l’APL à prendre en otage les Européens présents dans la région et à menacer de les tuer en cas de nouvelles victimes (Gérard-Libois, Van Lierde, 1965 : 240 ; Verhaegen : 1969 : 651-654) *.

novembre) ; Les opérations de reconquête du Sankuru par l’Armée nationale congolaise sont extrêmement meurtrières. A chaque étape de cette reconquête, les forces de l’ANC exécutent « collaborateurs » et autres « sympathisants » des Simba (Turner, 1987 : 108-117) *.

6 novembre ; A la suite de la reprise de Kindu par la colonne Lima 1, les mercenaires commandés par Mike Hoare procèdent à une sanglante épuration dans les quartiers des « cités africaines » de la ville (Gérard-Libois, Van Lierde, 1965 : 371-374 ; Honorin, 1980 : 45-46 ; Reed, 1966 : 172-173) **.

24-25 novembre) ; Tandis que les troupes belges et les mercenaires des opérations Dragon rouge et Ommegang investissent Stanleyville, quelques dizaines de Simba pris de panique après la fuite de leurs chefs tirent sur une colonne de plusieurs centaines d’otages occidentaux, tuant au moins vingt-deux d’entre eux. Le lendemain, une trentaine de civils européens sont assassinés dans une congrégation religieuse sur la rive gauche du fleuve. Le bilan des Occidentaux tués par l’APL est plus précis que celui des victimes congolaises. Entre mai 1964 et avril 1965, trois cent quatre-vingt-douze otages occidentaux, dont deux cent soixante-huit Belges, ont été froidement exécutés par les Simba dans les régions qu’ils contrôlent (Onderzoekscommissie, 1966 : 1-6, 133-134). Notons que parmi ceux-ci, seuls trente à quarante d’entre eux avaient été tués avant l’intervention des troupes belges et des mercenaires. Lors des opérations de reconquête, les mercenaires découvriront ainsi les cadavres d’une centaine d’Occidentaux à Stanleyville et Paulis. A Watsa, ce ne sont pas moins de trente-sept otages occidentaux qui sont abattus à l’hôpital et dans l’enceinte du camp militaire par les Simba du colonel Jules (De Bosschere, 1966). Des dizaines d’autres Occidentaux ont par ailleurs été assassinés au cours des dernières semaines de novembre à Banalia, Bafwasende, Mungbere, Bunia, Isangi… (Gérard-Libois, Van Lierde, 1965 : 403, 410 ; Kestergat, 1965 : 167-183 ; Lantier, 1969 : 205-210 ; Mummendey, 1997 : 307-326 ; Nothomb, 1993 : 301-327 ; Odom, 1988 : 179-182 ; Quinteyn, 2004 : 142-153 ; Reed, 1966 : 272-273 ; Scholl-Latour, 1988 : 289 ; Vandewalle, 1970 : 409-412) ***.

novembre-décembre ; Les opérations de pacification menées sous la direction de Victor Nendaka par l’ANC et les mercenaires blancs font un nombre indéterminé de morts dans tous les territoires reconquis. A Stanleyville, les hommes de « Mad Mike » Hoare nettoient systématiquement les banlieues. Les premiers visés sont les Simba, les partisans de Lumumba ou du CNL, mais de très nombreux civils innocents suspectés de collusion avec la rébellion sont également tués, de même que les ex-membres de l’ANC soupçonnés d’avoir rallié – volontairement ou non – les rangs des Simba. A son retour en Afrique du Sud, le chef des mercenaires, Mike Hoare, déclare : « Tuer des communistes, c’est comme tuer de la vermine. Tuer des nationalistes africains, c’est comme tuer des animaux. Je n’aime ni les uns ni les autres. Mes hommes et moi-même avons tué entre cinq mille et dix mille rebelles congolais pendant les vingt mois que j’ai passés au Congo. » De fait, comme le note un observateur, « tout ce qui est noir est abattu sans distinction, aveuglément » (Honorin, 1980 : 46). Le bilan de cette répression n’a jamais pu être établi avec précision ; certaines sources évoquent cependant des dizaines de milliers de morts. Selon plusieurs observateurs, les cités africaines qui entourent Stanleyville (dont certaines sont bombardées à l’arme lourde) auraient ainsi perdu la moitié de leur population. La capitale du Haut-Congo ressemble à une ville fantôme remplie de veuves et désertée par les rares hommes qui ont pu échapper à l’épuration (Burlion, 1969 : 116-122 ; Chome, 1974 : 135-139 ; Comité Zaïre, 1978 : 66-67 ; Gérard-Libois, Van Lierde, 1965 : 404-411, 532-539 ; Gérard-Libois, Van Lierde, 1966 : 64-69 ; Kabamba, Kasusula, 1992 a : 96-104 ; Kestergat, 1965 : 147-165 ; Monguya, 1977 : 74 ; Mummendey, 1997 : 340-353 ; Quinteyn, 2004 : 162-163 ; Reed, 1969 : 277 ; Scholl-Latour, 1988 : 289 ; Vandewalle, 1970 : 372-374) *.

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