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Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997)

Last modified: 16 mars 2010
Olivier Lanotte

février 2010

Citer cet article

Olivier Lanotte, Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997), Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 24 février 2010, consulté le 31 octobre 2014, URL : http://www.massviolence.org/fr/Chronologie-de-la-Republique-democratique-du-Congo-Zaire, ISSN 1961-9898

1965 : mai ; Environ cinq cents civils banyarwanda sont tués lors de la répression par les autorités des manifestations de désobéissance civile qui suivent l’arrestation des leaders du mouvement revendicatif Kanyarwanda au Nord-Kivu (Regenena, 1996 : 35) *.

25 novembre ; Plusieurs missionnaires et un nombre indéterminé de membres du personnel de la station de recherche expérimentale de l’Institut de recherches agronomiques du Congo sont exécutés par les rebelles à Yangambi (Mueller, 1965 : 183 ; Sonck, 2002 b) *.

septembre-octobre ; A la suite de la « rébellion kanyarwanda » – insurrection des Banyarwanda en raison du démembrement de la province du Kivu et de la création de la provincette du Nord-Kivu – les autorités provinciales (Moleyi Benezeth, Dieudonné Boji, Denis Paluku) mettent sur pied une expédition de « pacification » dans le Masisi. Accusés d’être des combattants mulelistes, les Banyarwanda sont victimes d’une véritable chasse à l’homme. Un nombre indéterminés de Banyarwanda de Mutobo, Kiroshe et de divers autres villages de la chefferie de Bashali Kayembe sont arrêtés, torturés avant d’être jetés dans le Lac Vert (Bucyalimwe, 2000 : 234 ; Gérard-Libois, Van Lierde, 1966 : 79-80 ; Kabamba, Kasusula, 1992 a : 115-119 ; Rusamira, 2003 : 148 ; Tegera, 2003 : 10 ; Willame, 1997 : 51) **.

 3. DEUXIEME REPUBLIQUE (1965-1990)

Présentation générale

Le 24 novembre 1965, devant la paralysie de l’Etat résultant de la rivalité croissante entre le Président Kasa-Vubu et le Premier ministre Moïse Tshombe (révoqué le 13 octobre au profit d’Evariste Kimba), le haut commandement militaire organise un coup d’Etat qui confie le pouvoir au Général Mobutu. Celui-ci instaure d’emblée un pouvoir fort, s’octroie des « pouvoirs spéciaux » puis les « pleins pouvoirs », jugule l’opposition, impose le parti unique, le Mouvement populaire de la Révolution (MPR), et dirige sans partage le pays. Dans les années qui suivent, tandis que toute contestation est sévèrement réprimée, le Président Mobutu procède à la nationalisation de larges secteurs de l’économie souvent restés aux mains des Belges, dont l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK) qui contribue à 50 % du budget congolais, puis lance sa politique d’Authenticité qu’il définit comme un retour aux sources et valeurs de ses ancêtres et « le refus du peuple zaïrois d’épouser aveuglément les idéologies importées ». Elle touche tous les secteurs de la société. Les gens et les villes perdent leurs noms chrétiens ou coloniaux au profit de noms « authentiques ». Joseph-Désiré Mobutu devient Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa za Banga tandis que la République démocratique du Congo est rebaptisée République du Zaïre (en fait un nom portugais). En 1973 enfin, le président zaïrois procède à la Zaïrianisation des entreprises étrangères, soit la prise de contrôle des richesses du pays au profit des Zaïrois par la nationalisation des entreprises agro-industrielles aux mains des étrangers. Elles sont redistribuées à la bourgeoisie d’Etat proche de Mobutu qui, en raison de son manque d’expérience et de ses pratiques prédatrices, va plonger le pays dans le chaos économique.

En mars 1977, les « Tigres katangais » (d’anciens gendarmes de Moïse Tshombe et de nombreux Katangais réfugiés en Angola depuis la fin des années soixante) du Front pour la Libération nationale du Congo (FLNC) dirigés par Nathanaël Mbumba envahissent la province du Shaba. Ceux-ci sont néanmoins repoussés en mai 1977 à la faveur de l’opération Verveine montée par le Maroc avec le concours de la France. Un an plus tard, en mars 1978, le FLNC déclenche une nouvelle guerre en attaquant la ville minière de Kolwezi où demeurent de très nombreux Occidentaux. Le régime zaïrois reprend cependant rapidement le contrôle à la faveur des interventions militaires montées par la France et par la Belgique pour protéger leurs expatriés.

Durement réprimée au cours des quinze premières années de la Deuxième République, la contestation interne au régime commence à s’organiser à partir du début des années 1980 quand treize parlementaires, parmi lesquels l’ancien ministre de l’Intérieur Etienne Tshisekedi, s’opposent ouvertement au Président Mobutu en lui adressant un mémorandum dans lequel ils rejettent ses pratiques de mauvaise gouvernance et de personnalisation du pouvoir et la déliquescence de plus en plus perceptible du tissu socio-économique du Zaïre. En février 1982, après avoir passé de longs mois dans les prisons du régime, ils fondent le premier parti d’opposition au Zaïre, l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS).

Encyclopédie des violences de masse® - ISSN 1961-9898