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Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997)

Last modified: 16 mars 2010
Olivier Lanotte

février 2010

Citer cet article

Olivier Lanotte, Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997), Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 24 février 2010, consulté le 29 juillet 2014, URL : http://www.massviolence.org/fr/Chronologie-de-la-Republique-democratique-du-Congo-Zaire, ISSN 1961-9898

1961 : 7-8 janvier ; Lors de la prise de Manono au Nord-Katanga, les troupes de l’ANC exécutent tous les gendarmes katangais qu’ils ont capturés. Ceux-ci sont mutilés avant d’être passés par les armes (Lantier, 1969 : 125) *.

30 janvier ; Tandis que Manono accueille les cérémonies d’inauguration de la Province de Lualaba, la ville est délibérément bombardée par l’aviation katangaise, faisant un nombre indéterminé de victimes civiles (Gérard-Libois, 1963 : 192) *.

février ; Les troupes de l’ANC tuent un nombre indéterminé de civils à Luluabourg, obligeant mille deux cents personnes à chercher refuge auprès de l’ONUC (Dayal, 1976 : 221) *. En représailles de l’assassinat de Patrice Lumumba et de ses compagnons Joseph Mpolo et Maurice Okito le 17 janvier dans une villa non loin d’Elisabethville au Katanga, cinq officiers de l’ANC et onze détenus politiques considérés comme anti-lumumbistes sont abattus par les forces gizengistes, apparemment commandées par le chef de peloton de gendarmerie Félix Mukulubundu, à la prison d’Osio à Stanleyville (Mpisi, 2007 : 403) *.

février-mars ; Lors de la contre-offensive qu’elle mène avec l’aide des mercenaires étrangers au Nord-Katanga, et qui l’amènera à reprendre Manono le 30 mars, la gendarmerie katangaise commandée par le colonel belge Crèvecoeur se montre sans pitié, faisant d’innombrables victimes parmi les Baluba (Lantier, 1969 : 126) *.

17 février ; Dans la foulée de l’élimination de Patrice Lumumba, douze nationalistes lumumbistes – parmi lesquels Jean-Pierre Finant, Jacques Lumbala, Emmanuel Nzuzi, Christophe Muzungu, Jacques Fataki, Pierre-Léopold Elengesa et Camille Yangara – sont arrêtés à Léopoldville sur ordre du chef de la Sûreté congolaise, Victor Nendaka, et livrés aux forces d’Albert Kalonji à Bakwanga. Ils sont aussitôt emmenés à Kasengulu où ils sont exécutés sommairement (De Witte, 2000 : 238 ; Kabamba, Kasusula, 1992 a : 76-80 ; Kamba, 2008 : 165-166) **.

27-28 avril ; En visite à Port-Franqui le 27 avril, le ministre congolais de l’Intérieur reproche publiquement aux forces locales de l’ANC d’être anti-lulua et d’être un facteur de trouble dans le conflit ethnique qui secoue le nord du Kasaï. Il menace de les faire désarmer par les forces des Nations unies si cela ne changeait pas. Le lendemain, la garnison de l’ONUC à Port-Francqui est attaquée par les troupes de l’ANC qui pensent que celles-ci partagent le parti-pris pro-lulua du ministre de l’Intérieur. Quarante-sept casques bleus (ghanéens, suédois et britanniques) sont assassinés, certains après avoir été désarmés (Cremer, 2003 : 52-59 ; Dorn, Bell, 2003 : 271 ; Hoskyns, 1965 : 49 ; Packham, 2004 : 185) **.

13-14 septembre ; Les violents combats résultant de l’opération Morthor lancée par les forces des Nations unies au Katanga afin de mettre la main sur les mercenaires (qui ne cessaient de harceler les positions de l’ONUC) présents aux côtés des gendarmes katangais à Elisabethville auraient causé la mort de cinq cents Katangais. La brutalité des casques bleus est dénoncée dans le monde entier. De source katangaise, les gurkhas indiens des Nations unies auraient achevés à la mitraillette les gendarmes katangais blessés faits prisonniers lors de la prise de Radio Katanga. (Gouvernement katangais, s.d. (b) : 10 ; Kestergat, 1986 : 111-114) *.

octobre ; Le bombardement de deux villages du Sud-Kasaï par les forces katangaises fait de nombreuses victimes civiles (Verhaegen, 1962 : 617) *.

11 novembre ; Treize aviateurs italiens des Nations unies pris pour des mercenaires sont capturés à Kindu par les forces gizengistes du 20e bataillon de Stanleyville commandées par le Colonel Vital Pakasa. Ils sont assassinés avant d’être dépecés et partiellement dévorés par leurs bourreaux (Boissonnade, 1990 : 141-142 ; Hoskyns, 1965 : 49 ; Kestergat, 1986 : 116-117 ; Lefever, 1965 : 91-92 ; Mpisi, 2007 : 342-343 ; Report on action by troops of… , 1961 ; Verhaegen, 1962 : 537-540 ; Verhaegen, 1969 : 173-174) **.

29 décembre ; Une cinquantaine de civils appartenant à d’autres tribus que les Bahembe sont arrêtés par la gendarmerie katangaise (qui s’apprête à abandonner la ville face à l’avancée des troupes de l’ANC) et amenés à la prison centrale de Kongolo où ils sont fusillés (Tison, 1962) **.

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