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Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997)

Last modified: 16 mars 2010
Olivier Lanotte

février 2010

Citer cet article

Olivier Lanotte, Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997), Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 24 février 2010, consulté le 22 octobre 2014, URL : http://www.massviolence.org/fr/Chronologie-de-la-Republique-democratique-du-Congo-Zaire, ISSN 1961-9898

 2. LES REBELLIONS POPULAIRES (1963-65)

Présentation générale

Avec la fin de la sécession katangaise et l’unité retrouvée, les querelles politiques reprennent de plus belle à Léopoldville. Et cela avec d’autant plus d’acuité que l’action du gouvernement Adoula est de plus en plus régie par les membres du « Groupe de Binza » favorables à l’Occident et qu’à la faveur des remaniements gouvernementaux successifs, la tendance nationaliste est peu à peu réduite à une portion congrue. Le 29 septembre 1963, le Président Kasa-Vubu dissout le Parlement afin de mettre un terme aux attaques de l’opposition nationaliste qui ne cessait d’importuner le gouvernement du Premier ministre Adoula. Cette décision incite l’assemblée extraordinaire des partis nationalistes à s’organiser dans la clandestinité et à opter pour la voie de l’insurrection armée. Le 3 octobre, les partis unitaristes réunis à Brazzaville s’organisent en cartel, le Conseil national de Libération (CNL), dirigé par Christophe Gbenye. Celui-ci a pour objectif la « seconde indépendance », autrement dit, la chute du régime « néo-colonial » de Léopoldville et l’instauration de la « révolution » que doivent constituer l’avènement de la décolonisation totale et effective du Congo » et le règne de la « prospérité économique », du « partage égal », de la paix, de « la liberté totale et de la démocratie ». Pour ce faire, il faut combattre non plus les Belges ou les Américains, mais les nationaux à leur solde, les « néo-colonialistes », les « valets de l’impérialisme », « ceux qui ont vendu le Congo aux Américains » et qui sont appelés les « PNP » (Pene pene na mundele ) en référence au Parti national du Progrès (PNP) ironiquement appelé « Parti des Nègres payés » en raison de ses positions accommodantes à l’égard des intérêts belges. Cette rupture consomme la longue dégradation des relations entre les lumumbistes radicaux et les modérés du MNC (Ndaywel, 1997 : 536, 606-611).

En janvier 1964, le député Pierre Mulele (ministre de l’Instruction publique dans le gouvernement Lumumba) et Théodore Bengila, qui ont pris le maquis quelques semaines auparavant, déclenchent au Kwilu la première grande insurrection paysanne de l’Afrique indépendante. En avril 1964, Louis Bidalira, puis Gaston Soumialot, Nicolas Olenga et Laurent-Désiré Kabila, lancent un second mouvement révolutionnaire dans la région de Fizi-Uvira à l’Est du Congo. Cette rébellion prend rapidement de l’ampleur pour gagner le Nord-Katanga (juin), le Kivu-Maniema (juillet), le Sankuru (août) et atteindre son apogée avec la conquête de Stanleyville (août) qui devient bientôt la capitale d’une « République populaire du Congo » dirigée par Christophe Gbenye. Au-delà de leurs points de convergence idéologique (mythe d’une « seconde indépendance »), ces diverses rébellions ont pour caractéristiques communes d’utiliser des pratiques ésotériques afin de faire croire aux combattants qu’ils sont invulnérables aux balles ennemies. Pour ce faire, les combattants sont conviés à des célébrations au cours desquelles les initiés sont aspergés d’une eau bénite. L’efficacité de ces pratiques et incantations magiques (« dawa ») est cependant soumise à une série de règles tellement contraignantes que tout échec du mécanisme de protection magique peut toujours être expliqué par le non respect d’une des innombrables règles de conduite imposées aux combattants Simba.

Encyclopédie des violences de masse® - ISSN 1961-9898