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Etudes de cas:

Oradour, 10 juin 1944 : un massacre nazi en France occupée

Last modified: 28 décembre 2009
Jean-Jacques Fouché

février 2010

Citer cet article

Jean-Jacques Fouché, Oradour, 10 juin 1944 : un massacre nazi en France occupée, Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 8 février 2010, consulté le 24 novembre 2014, URL : http://www.massviolence.org/fr/Oradour-10-juin-1944-un-massacre-nazi-en-France-occupee, ISSN 1961-9898

 B) Responsables et exécutants

Présentée comme une unité d’élite, la division blindée de Waffen SS « Das Reich » correspond aux critères nazis des « soldats politiques » , ceux d’une élite auto proclamée. (Wegner, 1987).

Formée en 1939 avec des unités SS armées ayant participé aux annexions de l’Autriche et du territoire des Sudètes, la SS Division Verfügungs-Truppe (S.S. VT) changea plusieurs fois d’appellation pour devenir (février 1944) la 2e Division blindée de Waffen SS Das Reich . Plusieurs fois reconstituée, elle sera active jusqu’au 8 mai 1945.

Son utilisation commence avec l’agression contre la Pologne en septembre 1939. Les troupes nazies y commettent des exactions, dont des massacres de populations juives.

La division participe à la campagne contre la Belgique et la France en mai 1940. Dans le Pas-de-Calais des massacres accompagnent l’action militaire : 92 victimes les 21 et 22 mai à Aubigny, 45 le 22 mai à Berles-Monchel, une centaine de prisonniers britanniques fusillés le 27 mai. En juin la division SS arrive à la frontière espagnole. Elle est envoyée en avril 1941 dans la région du Banat en Yougoslavie. La troupe pénètre dans Belgrade en passant par sa banlieue, Pancevo, où sont commises pendaisons et fusillades collectives.

La division participe à l’attaque contre l’Union soviétique en juin 1941. Elle ira jusqu’aux avant-postes de la banlieue de Moscou en décembre 1941. Mais à partir de février 1942, elle se trouve en position de défense et de contre-offensive. Décimée, elle est retirée du front en mars et transférée en France pour être « reconstruite ». La formation militaire des soldats s’effectue dans le combat et par la violence. La brutalisation de la troupe nazie et notamment de son comportement vis-à-vis des populations civiles caractérise la « culture de guerre » de cette période. Des ordres de la hiérarchie militaire organisent une violence collective dirigée contre communistes et juifs invariablement stigmatisés en « Judéo-bolchevicks » (Bartov, 1985).

Encyclopédie des violences de masse® - ISSN 1961-9898